Quatrième de couverture

Lors d’un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père le stupéfie et ne cesse de l’obséder. Ce prisonnier, David Wagner, est en fait son véritable grand-père. Peu à peu se met en place l’autre famille, la branche cachée, celle dont personne chez les Fabre n’évoque l’existence… Au cours de sa quête, le jeune homme comprend qu’en remontant à l’origine de la violence, c’est sa propre violence qu’on finit par rencontrer…

 

Ma note @@@@@

 

Mon avis


J'ai découvert ce livre au hasard de mes promades sur la toile et le titre m'a tout de suite interpelée. L'auteur se questionne sur le pourquoi de son attirance vers le morbide, sur cette immense violence qui couve sous un quotidien plutôt privilégié. Aves la découverte de cette photo prise à Buchenwald, il commence un long voyage initiatique "Je cherchais mes explications, j'allais à l'origine des pourquoi comme les enfants et les fous se mettent en quête du trésor au pied de l'arc-en-ciel".

La vie du camps, la misère et la souffrance sont dépeintes sans clichés ni pathos mais comme un segment de son ADN. Pour lui la violence se transmet. "Par ses étranges et fascinants cheminements de l'enfance, cette plaque sensitive qui lègue pour toute la vie une conscience, la violence  m'a été livrée en héritage". La notion d'héritage revient très souvent et de multiples façons : "Je suis mon grand-père livré aux bourreaux, je suis mon père frémissant d'une violence suicidaire, je suis héritier d'une immense violence qui traverse mes rêves et mes récits".

Il traite donc la violence comme une maladie génétique, congénitale, qui se transmet de génération et génération. Il ne s'en contente pourtant pas et cherche la cause première, le déclancheur. Pour lui, la violence nait du mal absolu, gratuit et de la peur. "Dans le ressassement de ces images fascinates et répugnantes, comme ce personnage d'Orange mécanique contraint de fixer jusqu'au dégout et au vomissement les visions de violence".

L'écriture est brillante et vivante. On plonge dans l'Histoire comme on le ferait pour un thriller. Spectateur malsain réclamant encore de l'horreur, fasciné lui aussi par le Mal.

Je vous conseille vivement cette lecture.